AU PROGRAMME
Une conférence de Jérôme Fourquet, analyste et auteur.
Directeur du Département Opinion et Stratégies d’Entreprise de l’Ifop, il jouit de 25 ans d’expérience dans les études d’opinion et intervient sur toutes les enquêtes d’actualité. Ses pôles d’expertises portent notamment sur les enjeux électoraux, les sujets économiques et sociaux, les fractures territoriales et les mutations socioculturelles.
À ce titre, il s’exprime régulièrement auprès de personnalités et de groupes politiques pour des présentations en lien avec les questions d’opinions et est régulièrement sollicité par de nombreux médias sur des sujets d’actualité : France 5 (C dans l’air), France Inter (Questions politiques), France Culture (Le Billet politique)…
Analyste prolifique, il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages dont les derniers en date « Métamorphoses françaises » (2024), « La France d’après. Tableau politique » (2023), « La France sous nos yeux. Economie, paysages, nouveaux modes de vie » (2021), « L’archipel français. Naissance d’une nation multiple et divisée » (2019) ou encore « Le nouveau clivage » (2018).
La conférence
Il s’agira tout d’abord de distinguer les attentes et le regard que portent l’opinion publique sur les chefs d’entreprise d’une part, et sur les entreprises d’autre part. On rappellera sur ces dernières que le jugement varie assez sensiblement selon que l’on parle des très grandes entreprises, qui sont sujettes à critiques de la part d’une partie des Français, et les petites et moyennes entreprises, qui, elles, sont perçues beaucoup plus positivement et jouissent d’un fort capital de confiance, notamment pour ce qui concerne la création d’emplois et le développement économique local.
Pour ce qui est de l’image des chefs d’entreprise, la même dichotomie (grands/petits-moyens) s’observe, mais on notera, qu’hormis quelques grandes figures à forte notoriété (Michel-Edouard Leclerc, Bernard Arnault, Xavier Niel…), les grands patrons français sont assez méconnus du grand public et s’expriment assez peu dans le débat national.
Un des éléments qui rentre également en ligne de compte dans le regard différencié des Français sur les chefs d’entreprise réside sans doute dans le fait de savoir s’il s’agit d’héritiers ou de self-made men. On rappellera à ce sujet, que si 60% du Top 100 et 40% du Top 500 des principales fortunes professionnelles (classement du magazine Challenges) ont hérité de leur entreprise et de leur situation, ce n’est le cas que d’une petite minorité (16%) des patrons d’entreprise de 11 à 20 salariés. On soulignera à ce propos que l’entreprenariat (et notamment via les réseaux franchisés) constitue une voie d’ascension sociale dans la société française.
D’une manière générale, les attentes croissantes s’exprimant en direction des chefs d’entreprises (pour par exemple assurer la transition écologique ou pour renforcer la souveraineté industrielle du pays) doivent se comprendre dans un contexte où les Français se détournent progressivement de l’Etat et de la puissance publique, perçus comme très endettés et de plus en plus impotents. La gestion de la crise du covid a laissé des traces, quand l’administration semblait paralysée et prise au dépourvu alors que les entreprises, d’une manière générale, étaient perçues comme faisant preuve de réactivité et d’adaptabilité.
Face aux défis qui attendent la France, on semble aujourd’hui progressivement miser davantage des structures comme les entreprises, plus dynamiques et plus pro-actives que sur la sphère publique. Les interminables mois de discussions budgétaires ont renforcé dans l’opinion la perception d’une machine étatique à l’arrêt et incapable de se réformer.
Dans ce contexte, c’est d’abord en tant que chefs d’entreprise que les patrons sont attendus, plutôt qu’en tant qu’élus ou parlementaires. L’arrivée d’un contingent important de députés issus, comme on dit , de la « société civile » et du monde de l’entreprise, lors des élections législatives de 2017 (et
dans une moindre mesure de 2022) n’a pas donné aux Français le sentiment que les textes de lois et les décisions qui étaient prises avaient beaucoup changé par rapport à avant, ni que la distance entre les électeurs et leurs représentants se soit réduite significativement (la fin du cumul des mandats ayant sans doute joué dans ce constat). C’est donc à la tête de leurs entreprises, ancrées dans les différentes régions, que les patrons sont attendus pour y créer des emplois, développer les nouvelles technologies (IA, décarbonation, e-commerce…) et travailler en réseaux avec leurs partenaires et
leurs sous-traitants.
Le public
Chefs d’entreprises et cadres dirigeants de tous les secteurs d’activité, de toute taille et forme de structure : industrie, BTP, commerce, service, tourisme, B to B, B to C – PMI/PME, TPE, libéral, unipersonnel.
Acteurs institutionnels, représentants de collectivités locales et de l’État.
Associations, organisations professionnelles, universitaires, étudiants (tertiaire et technique).
Particuliers avertis.