La DARES vient de publier les données liées aux Demandeurs d’Emplois en Fin de Mois (DEFM) au 3ème trimestre 2023 (3T23).
Le trimestre précédent, les bourguignons l’emportaient d’une courte manche mais pour cette troisième étape de 2023, les francs-comtois reprennent la main avec de meilleurs résultats !
Malheureusement, quel que soit le vainqueur des querelles de clochers, le marché du travail entame son retournement après plusieurs périodes d’embellie.
Comme vous pourrez le voir dans ce tableau, les catégories A (pour rappel, ceux n’ayant pas travaillé du tout sur la période écoulée) ont connu une hausse en France par rapport au 2nd trimestre 2023 (+ 0.6 %, soit + 17 400 chômeurs), tout comme en BFC (+ 0.7 %, soit + 730 chômeurs).
Cette hausse des chiffres français n’a rien d’anodin car elle met fin à une période de 3 ans (depuis le 2nd trimestre 2020) de baisse continue !
Dans notre région, cette hausse est impulsée principalement par les résultats de la Bourgogne (+ 1 % contre + 0.4 % en Franche-Comté).
C’est essentiellement dans le Jura et la Haute-Saône que cette hausse s’est montrée marquante (+ 0.8 % et + 0.4 % respectivement), même si ces données sont moins élevées que dans la Saône-et-Loire et la Nièvre (+ 2 % et + 1.2 % respectivement).
Aucun département n’a connu une baisse de son nombre de chômeurs.
Sur un an en revanche, la région affiche une baisse de 2.3 %, bien inférieure à la baisse moyenne observée en France : - 3.8 %.
La Franche-Comté réalise encore ici une meilleure performance que la Bourgogne (- 2.6 % contre – 2 %) et l’on retrouve même la seconde plus forte baisse régionale en Haute-Saône avec – 4.9 %. C’est la Nièvre, avec – 5 %, qui réalise la meilleure performance sur un an.
Cette baisse sur un an ne doit cependant pas être considérée comme positive, car si elle témoigne effectivement d’une embellie du marché du travail sur un an, elle ne cesse de se résorber depuis le début de l’année 2023 (- 5.9 % au 1T23, - 5 % au 2T23 et donc -2.3 % au 3T23).
En incluant les catégories B et C (chômeurs pouvant justifier d’une activité à temps partiel), le nombre de DEFM chute sur un trimestre et un an en BFC, alors qu’il augmente en France sur un trimestre, puis baisse sur un an.
Cette baisse ne s’explique cependant pas par un retour massif à l’emploi des DEFM, car nous notons une chute des sorties du chômage de 3.9 % sur le trimestre, pour une hausse de 2.3 % des entrées. Concrètement, il s’agit davantage d’un phénomène de vases communicants, où un grand nombre de chômeurs d’une catégorie ont soit retrouvé un emploi, soit changé de catégorie.
Il nous reste donc à voir ce que cela donnera pour la fin de l’année, mais le marché du travail semble bel et bien se retourner.
Romain NOVELLO
Chargé d’études – Pôle Appui aux territoires et Data
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